Nivelles, on ne le sait pas assez, est l’une des plus vieilles villes de Belgique. Sa genèse remonte au VIIème siècle, c’est-à-dire bien avant Bruxelles ou Louvain. 

Son histoire est étroitement associée à la dynastie des Pépinides et donc des Carolingiens. Le fondateur de cette royale et impériale lignée, Pépin l’Ancien , dit Pépin de Landen est d’ailleurs enterré dans les sous-sols de son imposante Collégiale Sainte-Gertrude,  non loin de son épouse, Itte d’Aquitaine et de sa fille, Gertrude, véritables fondatrices de la ville et de l’abbaye qui va la gérer des siècles durant et avoir une influence dépassant largement les frontières du pays.

La Collégiale Sainte-Gertrude

Ce sous-sol archéologique, qui se visite tous les jours à 14h00, et à 15h30 les week-ends, est impressionnant. Il permet, non seulement, de mieux comprendre l’évolution de la ville et de son abbaye qui s’est agrandie à cinq reprises entre le VIIème et la fin du XIème siècle. Mais aussi de se rendre compte combien l’édifice fut attractif et visité par bien des seigneurs de l’époque. On y retrouve, par exemple, la dernière demeure d’Ermentrude, la petite-fille de Hugues Capet, dont on dit qu’il était un familier des lieux.

Mais aussi la tombe supposée d’Himiltrude, la compagne de Charlemagne à l’époque où celui-ci devint Roi des Francs. Charlemagne n’était autre que l’arrière arrière petit neveu de Gertrude, descendant par sa sœur Begge de Pépin de Herstal, Charles Martel et de Pépin le Bref. C’est elle qui lui donna son premier fils, Pépin le Bossu. Mais il semblerait qu’elle ait été répudiée, la mère de Charlemagne, la célèbre Bertrade dite Berthe au long pied préférant pour son fils une alliance avec une princesse lombarde. Et c’est donc probablement à Nivelles qu’elle acheva ses jours dans le troisième tiers du VIIIème siècle.

Mais la Collégiale Sainte-Gertrude actuelle a reçu, au fil des siècles, d’autres visiteurs de marque. A commencer par l’empereur germanique Henri III qui assista à sa consécration en 1046. Ou encore, bien plus tard, Joseph II d’Autriche, dont le passage en terre aclote fut largement narré. Si elle échappa aux massacres de la Révolution française, elle fut, par contre, l’une des principales victimes des bombardements allemands de mai 1940, le vénérable édifice n’offrant plus que l’image de quatre murs calcinés.

Il a heureusement pu bénéficier d’une lourde restauration de 1948 à 1984, une consultation populaire ayant même été organisée pour savoir s’il y avait lieu de lui remettre son clocher gothique ou s’il était préférable de lui rendre son clocher roman. La population, très fière de son patrimoine opta pour ce deuxième choix, offrant à Nivelles, grâce à cette restauration mais aussi à la mise en valeur d’autres immeubles très anciens, une réputation de ville d’art et d’histoire loin d’être usurpée mais peut-être un peu trop méconnue. Pourtant, c’est toute l’Histoire de nos contrées qui y est concentrée. A visiter, non sans oublier de déguster « la » spécialité locale, la tarte al djote  dont on trouve les origines au XIIIème siècle.